Promouvoir l’histoire locale en bibliothèque publique

Le réseau des bibliothèques publiques de Tower Hamlets n’est pas composé que de bibliothèques regorgeant de salles de cours. Le concept d’Idea store se retrouve partout en terme d’organisation interne mais on trouve des établissements ayant un fonctionnement plus classique. Les activités de la Local History Library ont particulièrement attiré mon attention.

Le bâtiment qui accueille cette bibliothèque a été construit en 1905 et servait à l’origine de lieu pour tenir des réunions politiques, des réunions de débat public. Le service de lecture publique s’est ensuite installé en 1965 et l’établissement a proposé au départ des collections généralistes pour adultes et enfants. Ce n’est qu’au moment de la création de l’Idea store de Whitechapel, dans les années 2004-2005, que le département d’histoire locale s’est implanté à cette adresse.

La « Local History Library and Archives » est ouverte quatre jours par semaine et comprend plus de 20000 livres dont les plus anciens datent du 17e siècle. On y trouve également  les archives administratives déposées par les services de l’arrondissement de Tower Hamlets, 25000 photographies, 2000 plans des différents quartiers dont certains remontent au 16e siècle, près de 500 titres de périodiques locaux y compris des publications associatives. Un travail de collecte et de classification thématique, en partie en Dewey of course :) , de nombreuses coupures de presse et de prospectus permet d’offrir aux lecteurs et chercheurs une vision détaillée de la vie quotidienne et de l’histoire locale. Il est par exemple possible d’obtenir des informations d’époque sur l’immigration chinoise dans l’arrondissement au début du 20e siècle.

Le public qui fréquente les lieux est bien sûr constitué de chercheurs, d’étudiants et d’historiens mais la majorité des personnes viennent pour des recherches personnelles liées à leur histoire familiale : généalogie, lieux d’habitation… Une carte de 1965 présentant le plan cadastral des environs est particulièrement demandée. Les quatre professionnels (3 archivistes et 1 bibliothécaire) qui accueillent le public proposent régulièrement un accompagnement individuel ou en groupe pour répondre aux demandes sur l’histoire des familles. Des visites de classes sont aussi organisées.

Cette partie de l’East end londonien est marquée historiquement par deux dynamiques que l’on retrouve dans la manière de promouvoir les collections. Il y a d’une part les différents événements et périodes qui ont jalonnés l’histoire sociale comme les sufragettes. Il y a également ces vagues successives de migrations qui ont modelé et continue de transformer la population locale. De nombreuses associations culturelles tentent de retracer le parcours des diverses communautés venues s’installer depuis des décennies : bengalis, somaliens, chinois, vietnamiens, polonais…

La promotion des collections et des thématiques attendues par le public s’appuie sur une succession d’expositions dont le contenu est plus artistique qu’archivistique. Depuis un an les thématiques ont varié : des photographies réalisées par les habitants à l’occasion d’un concours local, l’indépendance du Bangladesh à travers une exposition intitulée « Freedom« , des scènes de rues capturées par le photographe Alan Dein, ou encore un événement interreligieux croisant les regards entre Islam, Christianisme et Judaïsme à travers une série de débats. Plusieurs expositions sont en partie proposées en ligne sur le site des Idea stores, l’une d’elle concerne un événement qui s’est déroulé en 1917 pendant la Seconde guerre mondiale. Une autre parle de l’installation de la communauté afro-caribéenne après-guerre. Récemment un catalogue de 44 pages a été entièrement numérisé pour présenter l’une des dernières expositions autour de l’histoire de la communauté bengalie à Tower Hamlets.

Au sein du réseau des bibliothèques de cet arrondissement londonien, le département d’histoire locale et des archives est celui qui offre une plus grande accessibilité numérique pour découvrir et consulter les collections. Une galerie d’images en ligne (digital gallery) permet de visionner des photographies plus ou moins anciennes sur différents lieux et types de constructions : marchés, zone portuaire, espaces de loisirs ou de travail, rues… Trois conférences ont également été introduites sous forme de podcasts toujours sur l’histoire locale.

Pendant l’été, des visites de différents quartiers sont organisées avec la compagnie d’un guide qui n’est autre que l’archiviste de l’arrondissement. Des dépliants sont également disponibles en ligne pour partir seul ou en groupe à la découverte d’une des communautés culturelles résidant dans les environs. Avant de quitter cette bibliothèque, les visiteurs peuvent acheter différentes publications, cartes locales, cartes postales. Ces documents sont édités par l’établissement ou par des associations d’histoire locale.

Vous pouvez les contacter en utilisant cette adresse mail : localhistory@towerhamlets.gov.uk

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Des salles de cours dans la bibliothèque de lecture publique

Et derrière ?

    Au sein de la bibliothèque de Whitechapel neuf salles (« labs ») sont essentiellement utilisées pour offrir un panel de cours.

Les contenus sont divers mais tournent beaucoup autour du concept de « skills for life », c’est à dire les compétences qui nous servent à nous débrouiller dans la vie de tous les jours et particulièrement dans la vie sociale (maîtriser une langue, utiliser des technologies comme l ordinateur, mais aussi être en bonne santé !). Concernant les langues, une attention particulière est portée à l’encontre des populations étrangères qui peuvent venir préparer l’examen ESOL (Spoken english for Speakers of Other Languages). Les objectifs liés aux programmes d’apprentissage sont toujours pragmatiques et répondent à des usages et des besoins concrets. Par exemple actuellement des cycles de trois ou quatre séances  (« French for Olympics », « Italian for Olympics ») sont actuellement proposés pour aider à l accueil des touristes lors des Jeux olympiques de l’été 2012. Des collections de livres adaptées aux différents niveaux de compréhension se trouvent a proximité des salles de cours.

       Au niveau 0, une salle propose des cours de gymnastique, yoga, massages. Une autre permet de suivre des cours de danses avec un véritable parquet en bois.

Concernant l’informatique, l’équipe de la bibliothèque propose des initiations souris-clavier, la création de mail ou encore une introduction à la recherche sur le net. Pour avoir assisté a quelques sessions, le niveau des élèves est rarement homogène au sein d’un même groupe. Des professeurs d’informatique proposent par ailleurs gratuitement ( le coût est pris en charge par l’administration locale) des formations à des logiciels comme Photoshop, Publisher…

Les enseignants sont tous recrutés par l’administration locale et de nombreux cours ont des prix d’inscription peu élevés (environ 40 pounds pour un cycle de 10 semaines de cours). Des particuliers, des associations et des institutions peuvent louer à l’heure ces salles en fonction de leur disponibilité pour un coût aux alentours de 20 pounds. Cela constitue une source de revenus importante pour les Idea Stores.

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Organiser l’espace public dans la bibliothèque (IS Whitechapel)

A Whitechapel, le bâtiment est composé de quatre niveaux qui proposent chacun des collections et des services particuliers. Depuis l’ouverture en 2004, cette mise en espace a changé à plusieurs reprises. Le concept retenu insiste sur le fait que le lecteur doit trouver aux niveaux les plus accessibles ce qu il attend en priorité, ce qui est le plus populaire (dans l acception du terme : ce qui concerne le plus de monde). Voila l’esprit : plus on monte dans les étages, plus le circuit pour atteindre des collections sera long et devra être réservé a des utilisateurs expérimentés ou lié à des collections spécifiques.

  Aujourd hui quand le public passe l’entrée il trouve de suite sur sa droite le comptoir d accueil  (« helpdesk »). Les collections de fiction pour les adultes occupent la majeure partie de ce niveau O. Sur la gauche une allée permet d’accéder à la bibliothèque des enfants. Au niveau 1 on trouve l’espace pour surfer sur le net (« surfing space ») et les fonds spécialisés en langues étrangères (pour cette bibliothèque le bengali, l’ourdou, le somalien et le francais). Le niveau 2 rassemble les documentaires, les collections de films et de musique. C’est aussi à cette étage, près des salles de cours de langues que l’on retrouve des rayonnages dédiés aux « skills for life » (compétences pour la vie quotidienne). Le niveau 3 comprend le service d informations et de références, avec mise à disposition d’encyclopédies, de dictionnaires, de documents administratifs. Le niveau 4 accueille une galerie d’exposition, représentée par un pan de mur, des tables d’étude et un large espace convivial comprenant un café, des ordinateurs et un salon avec télévision. Les magazines et autres journaux sont d’ailleurs consultables au café.

La configuration a évolué. La fiction auparavant se trouvait au niveau 4 mais au regard de son succès en terme de prêts elle a été descendue au plus près de l’entrée au niveau O. Le niveau 3 va être complètement modifié. Les collections de référence d imprimés sont très peu utilisées et vont quasiment disparaître sous cette forme, au profit de resources en ligne. Des imprimés seront toujours achetés pour ce service mais avec un changement d orientation sur les sujets traités, en assimilant la recherche d’information à des besoins plus pratiques. Le surfing space va monter d’un niveau et laisser sa place au niveau 1 aux documentaires, à la musique et au cinéma. Je reviendrai dans d’autres messages sur des choix de répartition des collections qui ont leur pertinence, notamment en littérature.

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LLC – London Libraries Consortium

Depuis 2004, le LLC regroupe 15 des 32 boroughs (arrondissements) de Londres. Il permet aux 150 bibliotheques qui le composent de mutualiser certains services et de proposer une offre élargie et mutualisée comprenant environ 6 millions de documents. Le réseau de lecture publique de Tower Hamlets s’intègre dans cette dynamique et propose localement à son public différents services.

Il est ainsi possible de réserver des documents auprès de tous les établissements référencés et de pouvoir les recevoir dans la bibliothèque la plus proche de chez soi. Les retours peuvent être effectués à n’importe quel endroit.

En terme d organisation interne, une relève quotidienne des documents est mise en place pour assurer des délais rapides. Cela passé également par la mise en place d une plateforme en ligne qui permet la recherche fédérée sur l’ensemble des catalogues des bibliothèques participantes. Pour le lecteur, c’est un gain de temps et c’est aussi la possibilité à des collections exponentielles.

Le consortium a aussi permis la mise en place d’une bibliothèque numérique partagée qui permet le téléchargement de livres numériques, avec plus de 2000 titres en littérature (romans, théâtre, romans pour les adolescents et les enfants, humour, SF, fantasy, romance…) et environ 1000 documentaires. Ces documents ont été édités récemment, il ne s’agit pas d’ouvrages classiques libres de droit. On trouve aussi à disposition des collections de livres audio (1700 titres en littérature et 500 documentaires). Les emprunteurs peuvent choisir 5 documents numériques et ensuite les télécharger, au format pdf ou epub, sur leur appareil de lecture (ordinateur de bureau, ordinateur portable, tablette, téléphone…). Ils doivent au préalable installer le logiciel Overdrive qui contrôle la diffusion et l’accessibilité aux fichiers numériques. Le mode opératoire retenu est le téléchargement de fichiers chronodégradables qui sont automatiquement effacés au terme de la durée deprêt, qui est d’environ deux semaines. Ce service rencontre beaucoup de succès.

 

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Destination Whitechapel

L’East End représente un large territoire à Londres. Parmi les divisions en arrondissements on trouve le district de Tower Hamlets. Cette circonscription rassemble plusieurs quartiers dans lequels de grands projets de rénovation immobilière sont entamés. La tenu des jeux olympiques dans la capitale anglaise pour l’été 2012 accentue cette effervescence, ce qui développe actuellement de gros besoins en main d’oeuvre. LE quartier de Canary Wharf est devenu un véritable centre d’affaires, ce qui contraste avec l’image populaire, voire pauvre que peut avoir l’East End.

Une des particularités de Tower Hamlets est que les communautés d’origine étrangère sont de taille importante. Les statistiques annoncent une population à plus de 50% d’origine bengalie. On trouve également des somaliens, des vietnamiens, des polonais… La présence de ces communautés a permis de développer une importante activité économique et une vie culturelle rythmée par de nombreux événements. La semaine dernière a par exemple été célébré le nouvel an bengali à travers différentes festivités (carnaval, concerts, repas…).

Il est important de mettre en avant ces quelques éléments sociologiques pour mieux comprendre la façon dont les bibliothèques se sont localement développées. Cela a eu un impact sur la réflexion menée par les bibliothécaires. Il leur paraissait impossible de faire de la « culture hors sol ».

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